L'hectare

L'équipe


Frédéric Maurin, directeur
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Mathilde Chanteur, directrice adjointe
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Christel Corbin, assistante de direction et coordinatrice de la biennale Avec Ou Sans Fils
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Valérie Gérardin, secrétaire de direction
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Laure Carré, comptable
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Edouard Clément, chargé du Service des Publics
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Thomas Fox, chargé du Service des Publics et de la programmation Jeune Public
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Céline Lojewski, chargée de communication
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Nous remercions le personnel du Minotaure et les techniciens intermittents qui nous accompagnent tout au long de la saison. 

Le billet d'humeur de Thomas Fox

 

Mémoire vive


Au détour d’une après-midi de nuages gris, soucieux de ne pas avoir plus d’activité que de raison, je fais le tour de quelques objets égarés ça et là dans mon appartement. Mon regard flâne et s’arrête sur une étagère de ma bibliothèque. Quelques enveloppes y sont conservées précieusement parmi des bibelots. Des souvenirs de spectacles advenus. Autant de témoignages de voyages de l’esprit et d’évasions des sens. Je décide d’y plonger à nouveau pour vérifier si les sensations sont intactes.

 

La première enveloppe contient une lettre : « Simon, Est-ce que tu pleures ? Si tu pleures, ne sèche pas tes larmes car je ne sèche pas les miennes… » Incendies de Wajdi Mouawad. Pêle-mêle  me reviennent des souvenirs : la scène transformée en un jardin paisible de la banlieue de Montréal. L’arroseur automatique qui rythme la conversation et soudain se transforme en mitraillette faisant feu sur un bus au Liban. A cette époque, en 2009, le sursaut dans la salle n’était que surprise…

A la sortie, une grande partie des spectateurs avait fondu en larmes après la lecture de cette lettre. L’artiste avait fait son oeuvre et le spectacle vivant montrait sa puissance sur tous ces gens présent au même endroit, au même moment…

https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-theatre-et-cie/incendies-de-wajdi-mouawad-0

 

J’ouvre une autre enveloppe. A nouveau une lettre et un morceau de mosaïque… A nouveau une lettre de famille, l’espoir de retrouver un enfant.

C’était à Libourne, chaque spectateur parcourait seul une maison bourgeoise du milieu du XIXème siècle, s’imprégnant d’une histoire à travers les objets laissés là et des lettres dévoilant une intrigue. La demeure avait été léguée à la ville par la dernière propriétaire, sans héritier, qui avait conditionnés son don au fait qu’elle soit transformée en lieu de culture. Précieux et généreux ! (La maison Grazziana de la compagnie de Chair et d’Os https://www.dechairetdos.fr/projets/maison-graziana).

 

La troisième : une carte postale pleine de visages. J’en reconnais cinq. Avec moi ça fait six et il paraît qu’à six, on peut connaître la terre entière…

https://berlinberlin.be/fr/project/perhaps-all-the-dragons/

 

La dernière enveloppe contient une carte et un poème sur la Saône au dos. C’est le souvenir d’un parcours champêtre dans les environs de Châlons : 

« Celui qui n’a pas de rivière, n’a pas de souvenirs

Celui qui tourne le dos à la rivière, ne la vois pas venir »

 

Tant et tant de spectacle me reviennent en mémoire. J’attrape mon ordinateur et compense le manque comme je peux, en vidéo:

Une danse joyeuse, ode à la pluie d’Anne-Theresa de Keersmaeker et Steve Reich. (Rain)

1ère partie : https://www.dailymotion.com/video/x3c1ylx

2ème partie : https://www.dailymotion.com/video/x3c1pbt

 

De la musique : https://www.youtube.com/watch?v=Ui7e2bIO6mY

La ritournelle de La Chambre d’Isabella, que nous écoutions au bureau. Un chant d’amour et de liberté, repris en chœur par les interprètes : « We just go on, and on, and on »…

 

Les spectacles nous manquent aussi, mais c’est surtout l’absence de partage de ces émotions avec vous qui est terrible ! Merci de vos messages de soutien. Conservons l’espoir de pouvoir nous émouvoir ensemble très prochainement.

 

Thomas Fox